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1 an après les élections : Le bilan de la nouvelle majorité Ensemble (MR-Engagés)

Interpellations du PS Sambreville au conseil communal du 31 mars 2025

Nous arrivons au terme de la première année de fonctionnement de la nouvelle majorité « Ensemble ». Une année seulement, et pourtant déjà un moment important du cycle communal : douze mois, cela représente près de 17 % de la législature 2024–2030. C’est peu… et c’est beaucoup à la fois. C’est le temps nécessaire pour apprendre, s’adapter, comprendre la mécanique communale.


Cette première année fut donc, pour la majorité, une année d’apprentissage.


Mais elle l’a aussi été pour nous, membres de la minorité socialiste : après plusieurs décennies aux responsabilités, nous avons dû réapprendre le travail d’opposition, avec tout ce qu’il implique d’écoute, de vigilance et de construction politique.


À cela s’est ajouté un important renouvellement de notre équipe, qui a nécessité un véritable travail d’accompagnement, de tutorat politique et technique, afin de permettre à chaque nouvel élu de trouver sa place, de maîtriser les dossiers et d’exercer pleinement son mandat.


Il est également utile de rappeler une réalité souvent oubliée : la minorité d’aujourd’hui est, en réalité, plus représentative encore des Sambrevillois que ne l’est  la majorité elle-même.


Additionnés, les suffrages du PS et du PTB atteignent 48 % des voix, quand la majorité « Ensemble » rassemble 43 % des électeurs. Cette arithmétique n’a rien d’un détail : elle explique pourquoi notre voix porte, pourquoi elle résonne, et pourquoi il est légitime qu’elle soit audible. Nous parlons pour près d’un Sambrevillois sur deux.


Nous savons aussi, pour l’avoir vécu, combien il est difficile de gouverner dans la tempête.


Au fil des années, nous avons affronté l’hôpital en crise, la crise financière, la pandémie, les inondations, l’explosion des coûts de l’énergie, l’impact de la guerre en Ukraine… et tout cela sans jamais perdre de vue la protection du service public et du pouvoir d’achat des citoyens.


Nous comprenons donc parfaitement les tensions budgétaires qui frappent aujourd’hui la commune : la nouvelle majorité n’est pas plus épargnée que nous l’avons été.


Avec une difficulté supplémentaire : elle doit composer avec des ministres et des gouvernements de sa propre famille politique, dont certaines décisions – souvent plus idéologiques que pragmatiques – alourdissent encore la charge des communes, et singulièrement celle de Sambreville.


Dans ce contexte, notre rôle dans l’opposition est clair. Nous voulons être une force de proposition, ce que nous avons démontré en ajoutant des points à l’ordre du jour, en formulant des suggestions et en proposant des innovations concrètes pour les Sambrevillois.


Nous avons aussi un devoir de contrôle, de la légalité comme de la pertinence des choix politiques. Et chaque fois que cela sera possible, nous exprimerons une vision alternative, fidèle à nos valeurs et à notre histoire sociale.


Lorsque nous avons annoncé que nous serions une opposition constructive et vigilante, nous le pensions réellement. La vigilance peut parfois sembler offensive ; elle l’est parfois, c’est vrai. Offensive donc, pas offensante !


Mais elle ne procède jamais d’une logique politicienne.


Elle naît d’un seul et unique moteur : l’intérêt général, celui du citoyen, celui de notre ville, celui du bien commun.


Méthode

Nous avons opté pour une méthode simple et qui nous paraît pertinente : structurer notre analyse autour des quatre axes centraux du programme de la majorité Ensemble – Gouvernance, Environnement, Social, Économique – et confronter leurs engagements à leurs actes.


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Gouvernance — Participation, transparence et communication

Promesses affichées

  • Renforcer la démocratie participative et la transparence.

  • Impliquer citoyens et acteurs locaux dans les décisions.

  • Mettre en place un tableau de bord de la transition.

  • Assurer une gouvernance « exemplaire » avec une communication régulière et transparente sur les décisions  et les finances.


Premiers constats :

  • La démocratie participative a été brandie comme argument de rupture, mais se limite jusqu’ici à des questionnaires en ligne sans véritable processus participatif structuré.

  • À ce stade, pas de mise en place d’un tableau de bord public, ni de      mécanisme lisible de transparence ou de suivi budgétaire.

  • Sur les finances, aucune évolution en matière d’explication, de pédagogie ou de communication régulière vers la population.

  • Les orientations budgétaires prises cette première année méritent d’être analysées finement : priorités, arbitrages, cohérence avec les engagements de la majorité.

 

Quelques illustrations concrètes :

  • En matière de démocratie participative, alors que cela constituait une sorte de point de bascule supposé, le bilan reste très limité. En un an, une seule consultation citoyenne a été organisée, avec une méthodologie discutable qui a donné le sentiment que la participation servait surtout de prétexte pour écarter un projet artistique pourtant engagé depuis longtemps. Or la participation citoyenne devrait enrichir les décisions, pas les justifier après coup. Elle ne peut servir d’alibi.


  • La participation citoyenne est essentielle, mais la participation de l’opposition au débat public en est une forme à part entière : elle mérite le même respect, car on ne construit jamais la démocratie en demandant à ceux qui dérangent de se taire.


  • Toujours en matière de participation citoyenne, il est frappant de constater que sur un dossier aussi emblématique que la fusion envisagée entre la commune et le CPAS, aucune concertation n’a eu lieu : ni avec les élus du Conseil de l’Action sociale, ni avec les organisations syndicales, ni même avec le personnel.


    De la même manière, la future localisation des bâtiments du CPAS a été arrêtée sans associer ceux qui en sont pourtant les premiers usagers (personnel et bénéficiaires).


    Difficile, dans ces conditions, de parler d’une culture de la concertation.


  • De la même manière, les réunions dans les quartiers, pourtant annoncées dans le programme du groupe Ensemble ont tout simplement été oubliées notamment dans le cadre de la concertation autour du plan communal de mobilité.

    On s’est contenté d’enquêtes en ligne ou de procédures publiques, là où aller vers les gens aurait permis de recueillir des réflexions utiles et d’ancrer réellement la démarche dans le vécu du terrain.


  • En matière de bonne gouvernance, nous ne pouvons passer sous silence la tentative de contourner les règles afin d’installer un des élu issu de leur majorité, à la tête de la société de logements publics.

    Une telle démarche ne constitue évidemment pas l’illustration attendue de la bonne gouvernance, surtout lorsque l’on en fait un principe affiché.


  • Toujours en matière de gouvernance, il nous faut également relever l’apparition d’un « sur-mesure fiscal » destiné à favoriser les intérêts particuliers de quelques proches. Un tel traitement différencié interroge, car la fiscalité locale doit rester équitable, transparente et au service de l’intérêt général, non d’intérêts individuels.


  • Nous souhaitons également relever, en matière de gouvernance, la nature ambiguë de certaines relations entretenues avec des entrepreneurs, dont plusieurs financent désormais des initiatives publiques.

    Cette situation laisse au minimum supposer l’existence d’un possible retour d’ascenseur, ou à tout le moins d’un climat de faveur, qui n’est pas compatible avec l’exigence de neutralité et d’indépendance que doit conserver l’action publique.


  • Nous voulons enfin souligner qu’en matière de gouvernance, la majorité manifeste parfois la tentation de s’immiscer dans le fonctionnement du tissu associatif, pourtant censé mener ses missions de manière autonome.

    Une telle approche interroge, car l’indépendance du monde associatif fait partie des fondements d’une vie démocratique saine.


  • S’agissant de la volonté annoncée de mettre en place des tableaux de bord  et de faire preuve de pédagogie en matière financière, force est de constater que nous sommes très loin du compte.

    En matière de finances, ce n’est pas un tableau de bord que nous avons, mais bien des mesures prises sans être assumées, parfois même dissimulées dans les documents budgétaires : qu’il s’agisse des orientations futures du CPAS ou des contrôles liés au cadastre.

    Le résultat, c’est un message brouillé, alors que la transparence devrait être la règle quand on prétend expliquer et accompagner les choix financiers.



Environnement — Transition écologique et cohérence des actions

Promesses affichées :

  • Intégrer les objectifs de développement durable dans tousles projets.

  • Agir sur mobilité, alimentation, espaces verts, construction durable.

  • Réduire l’empreinte carbone de la commune.,


Premiers constats :

  • La majorité Ensemble invoquera probablement le délai d’un an, mais ils en avaient fait un pilier de leur campagne : on pouvait donc s’attendre  à des mesures claires, visibles, et structurantes dès la première année.

  • Pas de rupture tangible avec nos politiques antérieures ;

  • Aucune impulsion nouvelle identifiable.

  • Projets annoncés mais non lancés, et absence de calendrier public.


Quelques illustrations concrètes :

En matière d’environnement, de transition écologique, il y aurait beaucoup à dire… mais force est de constater qu’à ce stade, on ne peut en dire grand-chose. En effet, rien de véritablement nouveau n’a été proposé. Nous restons essentiellement dans la poursuite des grands projets engagés précédemment sous notre majorité.

Les seules évolutions marquantes relèvent malheureusement de deux abandons de projets :

 

  • l’abandon du parking silo sur le site Samera à Tamines, qui devait pourtant devenir un véritable Mobipôle, connecté à la gare et structurant pour la mobilité du centre de Tamines ;


  • l’abandon du projet de rénovation énergétique du hall de sport, qui était pourtant un investissement exemplaire en matière de transition.

 

Il faut d’ailleurs reconnaître qu’ici encore, la majorité locale n’est pas vraiment aidée par les ministres de leurs familles politiques respectives (MR et Engagés) au Gouvernement wallon, dont les décisions budgétaires marquent un désinvestissement préoccupant en matière de transition et de rénovation énergétique. Des choix qui freinent les ambitions locales plutôt que de les soutenir.


Social — Cohésion, services publics, soutien au tissu associatif

Promesses affichées :

  • Lutter contre la pauvreté et les inégalités.

  • Améliorer l’accès à la santé, à l’éducation et aux services publics.

  • Soutenir les associations et initiatives solidaires.


Premiers constats :

  • Nous relevons ici un manque de vision, ainsi qu’une absence d’articulation avec les acteurs sociaux et une absence de moyens nouveaux. Les services publics locaux n’ont connu aucune amélioration notable bien au contraire.

  • Le tissu associatif peine à percevoir une ligne claire ou une stratégie d’accompagnement. Les associations constituent un exemple concret d’inaction ou de recul.


Quelques illustrations concrètes :

  • Plutôt que de réduire la pauvreté et les inégalités, certaines décisions prises lors de cette première année les ont amplifiées.

    On relève notamment de véritables attaques contre les enfants et les familles, avec l’augmentation du prix journalier des plaines de vacances, qui touche directement les ménages.

    S’y ajoutent des désinvestissements dans deux projets de crèche, pourtant essentiels pour l’accueil de la petite enfance. Les familles paient ici le prix fort.


  • Et que dire de la suppression du Clos de la Roseraie, un lieu destiné à nos aînés et conçu pour lutter contre l’isolement ? Un choix difficilement compatible avec une politique sociale ambitieuse.


  • Concernant l’amélioration du service public local, il nous faut surtout déplorer la perte programmée d’emplois dans la fonction publique communale et l’abandon progressif de certains services à la population, à rebours des engagements qui avaient été annoncés.


  • Concernant l’hôpital, on ne peut que déplorer le manque de soutien clair et de mobilisation pour défendre notre hôpital local face aux désinvestissements fédéraux dont il est aujourd’hui victime.

    Le soutien exprimé jusqu’ici est resté fort timide, bien loin de l’engagement qu’exige une situation aussi préoccupante.

    Notons aussi l’abandon pur et simple de la commission relative aux soins de santé pourtant voulue par la majorité et à laquelle nous étions favorables.


  • Concernant le soutien aux associations et aux initiatives solidaires, que dire des 20 % d’augmentation des redevances communales, qui les frapperont de plein fouet, ou encore de la diminution de 30 % des subventions ?

    De telles mesures toucheront le tissu associatif en plein cœur, alors qu’il constitue l’un des premiers remparts contre la précarité et l’isolement.



Économie — Dynamisme local, emploi, commerce, économie circulaire

Promesses affichées :

  • Soutenir les commerces et entreprises locales.

  • Développer une économie circulaire et solidaire.

  • Créer des emplois durables et former aux métiers de lantransition.

  • Participer activement à “Territoire Zéro Chômeur”.

  • Revitaliser les centres-villes, relancer les comités de commerçants, attirer de nouveaux commerces.

  • Diversifier les activités économiques dans le respect des normes environnementales.


Premiers constats :

  • Pas de signal fort en matière de commerce ou de revitalisation.

  • Aucun élément concret sur Territoire Zéro Chômeur.

  • Peu d’avancée visible sur les commerces de proximité ou la création d’un cadre pour l’économie circulaire.

  • Les centres-villes restent sans impulsion ni stratégie identifiable.


Quelques illustrations concrètes :

  • De nombreuses mesures fiscales adoptées dans le budget communal (pour ne parler que de celui-là) 2026 seront de nature à impacter négativement le monde commerçant et, partant, le dynamisme local et l’emploi (20% d’augmentation de toutes les redevances notamment sur les terrasses, les enseignes, ou les emplacements maraîchers et forains)


  • Relevons toutefois un élément positif : la volonté de la majorité, via l’échevinat du commerce, d’offrir une enveloppe de 500 € aux nouveaux commerces.

    C’est un geste sympathique, qui va dans le bon sens.

    Mais il reste évidemment très en deçà des 6 500 € que la commune pouvait accorder sous la précédente législature aux commerces qui s’installaient. Cela, avant que le Gouvernement wallon MR/Engagés ne mette fin à ce dispositif.


  • Nous souhaitons enfin souligner, de manière positive, les retours de terrain relatifs à la disponibilité, l’engagement et l’écoute dont semble faire preuve l’échevine du commerce local, qui manifestement ferait preuve de bonne volonté à essayer d’accompagner les commerçants.



Analyse du bilan 1 an après les élections :

Au terme de cette première année de législature – soit déjà 17 % du temps dont dispose la majorité pour tenir ses engagements – un constat s’impose : le changement promis n’est pas encore au rendez-vous.

 

Il reste heureusement cinq ans pour corriger la trajectoire, donner corps aux engagements de campagne et offrir aux Sambrevillois l’élan annoncé. Mais le temps passe vite, et la lenteur des débuts ne se rattrapera pas aisément.

 

Sur chacun des quatre axes analysés – gouvernance, environnement, social, économie – une même impression domine : un démarrage poussif, peu d’impulsions nouvelles, des reculs parfois assumés, parfois dissimulés. Les ambitions affichées qui n’ont pas encore trouvé leur traduction concrète.

 

Notre analyse ne se veut ni caricaturale ni injuste. Elle s’emploie à être factuelle et tient compte des contraintes budgétaires, des décisions régionales et fédérales qui compliquent l’action locale. Néanmoins  nous savons aussi que la volonté politique et la cohérence peuvent surmonter ces obstacles – nous l’avons démontré.

 

À ce stade, aucun des quatre chapitres ne permet de conclure à une mise en œuvre satisfaisante des engagements pris. Notre responsabilité est de le dire clairement, pour rappeler la parole donnée et stimuler l’action publique plutôt que la subir.

 

Le groupe socialiste restera fidèle à sa ligne : constructif, vigilant, exigeant, au service de l’intérêt général. Soutenir ce qui va dans le bon sens, dénoncer ce qui s’en écarte, et porter une vision sociale, écologique et démocratique pour Sambreville.

 

Comme le rappelait Camus :

 « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. »

 

Puissions-nous en faire un moteur, collectivement.


Le Groupe Socialiste


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